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Présentation de l'Initiative de réduction de la pauvreté
 
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Initiative de réduction de la pauvreté (suite).

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Jusqu'à 89 pourcent des jeunes dans le monde vivaient dans les pays en développement en 2005.

- La plupart des régions du monde ont connu une hausse du nombre de jeunes chômeurs entre 1995 et 2005. La région Asie du Sud-Est et Pacifique a enregistré la plus forte hausse à 85,5 pourcent (de 5,2 à 9,7 millions) suivie par l'Afrique subsaharienne à 34,2 pourcent (de 13,0 à 17,4 millions).

- S'agissant du taux de chômage des jeunes en 2005 : l'Afrique subsaharienne se classe au 3 ème rang avec un taux de 18,1%, après la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (25%) et la région Europe centrale et orientale (non-UE) et CEI (19,9%).

- La pauvreté des travailleurs chez les jeunes est la plus alarmante en Afrique subsaharienne, la seule région ayant connu une hausse sensible et continue du nombre total de jeunes travailleurs pauvres dotés de 1 dollar EU par jour (de 36 millions à 45 millions entre 1995 et 2005).

LES CONSEQUENCES DU CHOMAGE DES JEUNES EN AFRIQUE

Tout en démontrant que le chômage des jeunes adultes est à la fois un frein pour l'économie des pays et un gaspillage de ses ressources les plus précieuses (3), le Rapport souligne les dangers guettant cette population jeune sans emploi tentée par la délinquance, la violence et les activités illicites. Je relève que l'on peut voir dans de nombreux pays africains les manifestations concrètes de cette situation dans les solutions de survie adoptées par ces jeunes oisifs :

. les diplômés les plus chanceux parviennent à émigrer dans des conditions plus ou moins favorables dans des pays occidentaux où ils trouvent un emploi lorsque leur profil répond aux besoins du pays (fuite des cerveaux),
. les jeunes les plus fatalistes adoptent une posture de résignation, acceptent « n'importe quoi » pour survivre « en attendant », et viennent gonfler les effectifs du secteur informel,
. les plus malins et les plus téméraires se laissent tenter par des activités illégales (trafics divers, ventes de stupéfiants, braquages …) et des modèles d'ascension sociale déviants (prostitution locale et hors du pays, recherche presque à plein temps par les jeunes filles sur Internet du "mari blanc" qui les sauvera de la pauvreté etc.) (4)
. les plus désespérés bravent tous les dangers pour tenter l'aventure du départ pour « l'Eldorado » en passant par les pays nord-africains avec des pirogues qui chavirent en cours de route et autres infortunes.

L'adoption de ces modèles déviants comme références par la jeunesse africaine est une véritable catastrophe dans un monde déformé par les valeurs matérialistes tous azimuts imposées par « les possédants » qui agressent en permanence les « non-possédants » en exhibant leurs biens de toutes sortes. Ces modèles déviants sont en effet les uniques boussoles de jeunes sans repères ni perspectives, souhaitant « y arriver » à tout prix, qui se disent que de toutes façons c'est la « seule voie ». Votre morale et vos remontrances ne pèseront pas lourd lorsque vous n'aurez aucun autre modèle à leur proposer en échange … et à leur montrer concrètement.



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(3) Comme le relève en effet le Rapport «  les jeunes oisifs constituent un groupe coûteux. Ils ne contribuent pas au bien-être économique du pays – bien au contraire. La perte de revenus chez les jeunes se traduit par une absence d'épargne et un recul de la demande globale. Certains jeunes qui sont incapables de gagner leur vie doivent être soutenus financièrement par la famille, ce qui laisse peu d'argent pour les dépenses et l'investissement des ménages. Les sociétés perdent ainsi l'investissement réalisé dans l'éducation. Les gouvernements perdent des contributions au système de sécurité sociale et sont contraints d'accroître les dépenses consacrées aux mesures palliatives, y compris les efforts prévention de la criminalité et de la toxicomanie. Tout cela constitue une menace pour le potentiel de développement des économies. Il est donc rentable pour un pays de concentrer des efforts sur la jeunesse ».

(4) Cette réalité est extrêmement bien décrite par Mme Amely James Koh-Bela dans son important travail sur la prostitution africaine en Europe (dossiers afrik.com et autres) où sont relatées notamment les activités « des dames de Suisse » lancées dans des activités de prostitution bien structurées et très lucratives dont elles recyclent une partie des revenus « au pays » de diverses manières…


Initiative de réduction de la pauvreté. La suite ici.

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