Présentation de cette Initiative de réduction de la pauvreté au Cameroun
 
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Initiative de réduction de la pauvreté (suite).

LES REPONSES INADEQUATES AU CHOMAGE AIGU DES JEUNES EN AFRIQUE

Des réponses inadéquates ont été apportées tant par les pays africains que la communauté internationale au problème du chômage aigu des jeunes et il y a lieu de relever parmi les écueils notamment :

•  une focalisation excessive sur l'emploi salarié,
•  la quasi-absence de véritables politiques de promotion et de soutien des petites et micro-entreprises,
•  une méthodologie laissant à désirer.

Une focalisation excessive sur l'option « emploi salarié »

La référence à l'emploi salarié comme solution de résorption ou de réduction du chômage est encore une philosophie dominante dans la plupart des cercles et forum internationaux et nationaux (5), avec bien entendu des incidences sur les options internes des pays. Les activités génératrices de revenus en la forme d'auto-emplois et le développement de l'entreprenariat n'y sont parfois même pas évoqués, dans un contexte où il est pourtant reconnu que les possibilités de créations d'emplois par le secteur public sont devenues très limitées depuis la mise en œuvre des politiques d'ajustement structurel et que l'éventail d'emplois susceptibles d'être créés par le secteur privé (grandes entreprises) est également limité, notamment par l'utilisation de technologies plutôt à forte intensité de capital.

La quasi-absence de véritables politiques de promotion et de soutien des petites et micro-entreprises

Bien que les petites et micro-entreprises, en général grandes utilisatrices de main d'œuvre, aient été, de longue date, reconnues comme des vecteurs privilégiés de création d'emplois, les Etats africains traînent des pieds pour reconnaître l'intérêt stratégique de l'appui à ces entreprises comme moteur de développement local et n'ont jusqu'à présent pas mis en place de véritables politiques articulées pour les promouvoir, en améliorant l'environnement susceptible de favoriser leur développement. Le développement des petites et micro-entreprises semble en fait être l'otage d'enjeux politiques plutôt qu'économiques.

Une méthodologie laissant à désirer

La confusion entre postulats et dogmes . Bon nombre de programmes sont articulés sur la base de postulats qui deviennent des dogmes : «  la croissance réduit (sous-entendu doit réduire) le chômage ». Or l'examen de la réalité et les bilans montrent souvent qu'il ne suffit pas d'énoncer un postulat….

Le maintien des méthodes et procédures traditionnelles. En dépit de l'urgence reconnue face à la détérioration de la situation sur le terrain, les méthodes traditionnelles ont continué d'être utilisées avec toute les lourdeurs administratives en découlant au niveau de la mise à disposition des ressources promises. L'on relève parmi d'autres écueils :

•  l'insuffisante prise en compte par les bailleurs de fonds des contextes spécifiques de l'entrepreneuriat en Afrique (6)

•  les dépenses de fonctionnement, en particulier les traitements des experts internationaux réduisant considérablement les effets bénéfiques de ces programmes sur le développement de ces petites entreprises. (7).

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(5) Sommet extraordinaire de l'Union Africaine sur l'emploi et la lutte contre la pauvreté en Afrique. Ouagadougou, Burkina Faso 3/9/09/2004 - Rapport Economique 2005 sur l'Afrique de la Commission Economique pour l'Afrique des Nations Unies « Relever les défis du chômage et de la pauvreté en Afrique » - Rapport 2006 du BIT sur les Tendances mondiales de l'emploi des jeunes.

(6) cité in "Impact des financement internationaux et création d'entreprise" du réseau thématique de recherche partagée Financement de l'entrepreneuriat et mobilisation de l'épargne de l'UREF (Université des réseaux d'expression française)

(7) ibidem : « Comme le souligne si justement l'OCDE, la coopération technique souffre du recours excessif à des experts expatriés et de la sous-utilisation des experts locaux. Ces coûts ajoutés à l'inexistence de prise en charge des dépenses récurrentes entraînent des déperditions énormes dans l'assistance à la PME. Il est commun que sur une centaine de PME initiées, 5 à 10 % seulement arrivent à un stage opérationnel et 5 % à un stade de maturité ».

 

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